Edito
A 14 ans, elle est partie seule sur son bateau pour effectuer un tour du monde en solitaire. Les médias ont relayé cet évènement en le présentant comme exceptionnel ; cette adolescente pouvant devenir la plus jeune navigatrice à effectuer un tour du globe sur l’eau.
Il me semble que cet évènement révèle un dysfonctionnement de ceux qui ont autorisé ce départ. Même si cette jeune fille désirait aboutir ce projet, on pouvait imaginer qu’on lui demanderait de surseoir à cette aventure. Il s’agissait avant tout de la protéger d’elle-même et des risques qu’elle encourrait. Au-delà des dangers potentiels, se pose la question d’aider un jeune à différer ses désirs et ses rêves, à canaliser ses envies. Chaque chose en son temps. L’adulte n’a-t-il pas à poser certaines contraintes qui aideront, dans le dialogue, le jeune à sortir de l’immédiateté et à se construire une pensée structurante. N’est ce pas ainsi que se construit et qu’émerge une liberté raisonnée ? Encore faut-il que les adultes ne désertent pas les responsabilités éducatives qui leur incombent.
Christian DOLLET,
Directeur de l'Institut